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Hommage d’un naturaliste à Jean Henri Fabre

14 janvier 2015

« Un grand savant qui pense en philosophe, voit en artiste, sent et s’exprime en poète » (Jean Rostand)

Jean-Henri FABRE (1823-1915)

Et fugit ad salices et se cupit ante videri, ainsi Virgile décrivait la coquetterie féminine : elle s’enfuit vers les saules mais désire d’abord être vue. Ce vers s’est inscrit dans ma mémoire et évoque le Grillon des champs dont FABRE décrivait ainsi les jeux amoureux. Le peu de latin qui me reste, c’est à lui que je le dois. Car FABRE n’est pas seulement l’entomologiste que l’on connait, c’est un botaniste passionné qui s’est penché sur la germination des orchidées dont il n’a pu découvrir le secret, c’est un mathématicien, un poète, un félibre attaché à sa langue régionale qu’une école publique, laïque et obligatoire, réductrice et homogénéisante a réussi à étouffer. C’est surtout un professeur, un enseignant cultivé et curieux, soucieux de transmettre son savoir et ses passions, dont on se demande s’il aurait encore une place dans la pensée unique qui prévaut aujourd’hui.

Le latin fut longtemps la langue des savants, puis ce fut le français parlé de l’Atlantique à l’Oural mais aujourd’hui interdit dans la plupart des revues scientifiques. Lâcheté, masochisme ou simplement bêtise engendrée par l’inculture ? Le politiquement correct ne permet pas de trancher. Mais alors qu’on célèbre DARWIN en oubliant LAMARCK, faut-il se battre pour la mémoire d’un obscur érudit entre Cévennes et Ventoux mais dont la renommée est encore intacte au fin fond du Japon ?

Il n’y a que peu de place chez nous pour la connaissance qui préfère souvent s’enfuir vers l’étranger. Avant, il fallait bien rester chez soi, mais les échanges épistolaires étaient nombreux. Difficile d’imaginer ces conditions de travail alors que l’opiniâtreté a dû céder la place devant trop de facilité. On est sidéré devant les découvertes obtenues grâce à des instruments d’optique qui semblent inutilisables aujourd’hui. Comment de tels résultats ont-ils pu être obtenus dans la rusticité sinon le dénuement ?

Être naturaliste ce n’est pas un métier, c’est une passion. Le métier est fait pour nourrir son homme, la passion est un engouement bien souvent coûteux et peu nombreux sont ceux qui peuvent concilier les deux. Dans le domaine des sciences naturelles, beaucoup d’acquisitions ont été le fruit d’enseignants, de médecins ou de prélats, voire de rentiers, aujourd’hui de retraités ou d’actifs exerçant un autre métier. D’où un certain mépris de la science légale et universitaire qui a conduit le Muséum à son déclin. De temple du savoir il est devenu capharnaüm. Sic transit gloria mundi.

Devant un mutisme officiel opportunément programmé, qui mieux que des amateurs pourraient rendre hommage à ce savant hors du commun à l’occasion du centenaire de son décès.

PBM

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